CRITIQUE (20/07/2018)

Off. Bernanos, notre conscience

Entendre, réentendre l’œuvre de cet immense écrivain dont la pensée est toujours aussi fulgurante.

La petite chapelle du Théâtre des Halles est l’endroit idéal pour accueillir la parole de Bernanos. Sans profération. Elle est murmurée, dans un souffle continu, par Jean-Baptiste Sastre, tout entier, corps et âme, dévoué au texte. Yeux mi-clos, presque immobile, il porte haut cette France contre les robots, texte prémonitoire, visionnaire, de Georges Bernanos, écrit durant l’année 1944, lors de son exil brésilien.

On est happé par la puissance de la pensée de Bernanos, chrétienne, profondément chrétienne, c’est-à-dire débarrassée du carcan de l’Église, au seul service de l’intérêt général, d’une humanité qui n’était pas encore sortie de l’horreur et dont l’horreur lui fut révélée en Espagne, en 1936. De ce séjour là-bas, il garda une trace indélébile. La France contre les robots n’est pas un pamphlet. C’est une réflexion vive, complexe, érudite. Celle d’un homme qui se préoccupe de son prochain, non en l’abreuvant de bonnes paroles, mais dans une tentative d’éclairer sa conscience. Ce qui est vertigineux, c’est de mesurer combien cette pensée nous est utile et précieuse aujourd’hui. Bernanos est l’héritier du siècle des Lumières. Lorsque l’on sort du spectacle, on est pressé de se replonger dans sa lecture.

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CRITIQUE (12/07/2018)

Bernanos au cœur du sujet…

AVIGNON OFF : « La France contre les robots et autres textes » De Georges Bernanos – Adaptation Jean-Baptiste Sastre et Gilles Bernanos – Conception Hiam Abbass et Jean-Baptiste Sastre – Théâtre des Halles du 6 au 29 juillet 2018 – Relâches les 9, 16 et 23 juillet.

C’est à partir de plusieurs textes de Georges Bernanos que Jean-Baptiste Sastre et Gilles Bernanos, ont créé le texte de ce spectacle. D’emblée intéressé par la demande de Jean-Baptiste Sastre, le petit-fils de Georges Bernanos a immédiatement donné son accord pour lui donner les textes mais aussi l’ensemble des notes de son grand-père. Fabuleuse matière à réflexion que ces milliers de pages.
Travaillant avec Hiam Abbass, plus par osmose que par une simple relation comédien/metteur en scène, Jean-Baptiste Sastre propulse les mots de Bernanos au-delà des décennies. Véritable visionnaire du devenir de son monde, Bernanos voit tout et entend tout de son époque. Comment ne pas être sidéré par la clairvoyance des propos ? Tout est dit, du libéralisme à l’esclavagisme moderne, des jeunes qui tentent d’imaginer un autre monde, de la perte d’une quelconque spiritualité laïque au profit d’un consumérisme effréné. Tout est là !

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POLITIQUE (26/06/2018)

Macron offre un livre de Georges Bernanos au Pape

Le président de la République a choisi une édition en italien, datant de 1949, du livre de Georges Bernanos.
Parmi les nombreuses règles protocolaires à respecter pour rencontrer le pape François, il en est une qui a dû plaire, davantage que les autres, à Emmanuel Macron : le choix d’un cadeau. Le président de la République a offert un livre au Saint-Père ce mardi matin, au Vatican. Ce cadeau très réfléchi est une édition ancienne, en italien, du « Journal d’un curé de campagne », écrit par Georges Bernanos et publié en 1936 en France aux éditions Plon. L’auteur reçut le Grand prix du roman de l’Académie française.
Cet exemplaire, enrobé d’une reliure en cuir vert, est une première édition originale de 1949 en langue italienne.
L’auteur est très apprécié du pape, et ce livre en particulier car il raconte la vie humble d’un homme d’Église dévoué à sauver les âmes de ses paroissiens perdus dans le nord de la France. Ce portrait fait écho à la vie du pape François, qui fut curé provincial en Argentine et qui reste un homme engagé.

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ÉVÉNEMENT (30/06/2018)

Le village de Pellevoisin dans l’Indre rend hommage à Georges Bernanos

L’écrivain Georges Bernanos est mort le 5 juillet 1948. Il repose depuis au cimetière de Pellevoisin. Soixante-dix ans plus tard, le village du Berry maternel lui rendra hommage, jeudi 5 et samedi 7 juillet. Un hommage auquel participent l’écrivain Sébastien Lapaque, auteur d’un remarquable essai biographique – Georges Bernanos encore une fois ¦–, et l’acteur et metteur en scène, Samir Siad. Avec sa compagnie, le Théâtre en Partance, il vient à Pellevoisin interpréter sa pièce, Compagnons inconnus, tirée des écrits de combat de Bernanos.

Le programme
Jeudi 5 juillet. 10 h, messe anniversaire (église Saint-Pierre et Saint-Paul) ; 11 h, inauguration d’une plaque commémorative à l’entrée du cimetière ; 11 h 15, hommage devant la tombe de Georges Bernanos par l’écrivain, Sébastien Lapaque ; 11 h 45, apéritif Chez Babette. Repas (15 €) sur réservations : tél. 02.54.39.03.78, avant le 2 juillet.
Samedi 7 juillet. 15 h, au cimetière, inauguration d’un panneau indiquant la tombe de l’écrivain ; 16 h 15, Compagnons inconnus, pièce de Samir Siad, d’après l’œuvre de Bernanos, au Relais des PasSages (Pellevoisin), suivie d’un échange et d’un apéritif ; 19 h, repas sur réservation (tél. 06.89.98.57.81) avant mercredi 4 juillet ; 20 h 30, projection du film Sous le soleil de Satan, palme d’or Cannes 1987 (Relais des PasSages). Tarifs pour le 7 juillet : théâtre, 10 € (8 € pour les 15-25 ans) ; théâtre + repas : 20 € (15 € pour les 15-25 ans) ; 10 €, entre 10 et 15 ans ; repas : 15 € ; film gratuit.

La Nouvelle République.fr

RADIO

Avoir raison avec Georges Bernanos

Comment représenter le mal de façon à pouvoir le définir clairement en tant qu’adversaire ?

L’idée d’adapter le roman de Bernanos, écrit soixante ans plus tôt, lui trottait dans la tête depuis longtemps. Déjà, en 1983, Pialat confiait: «On a l’impression que ça a été écrit pour Depardieu. Il pourrait être étonnant là-dedans. Quant à Sandrine Bonnaire, bien qu’elle n’ait pas ce côté “chat maigre”, elle ferait sûrement une Mouchette intéressante».
Le projet aboutit cinq ans plus tard, et le tournage de Sous le soleil de Satan , comme souvent chez l’intraitable Pialat, est un enfer. Durant quatorze semaines dans le Boulonnais, il pousse ses acteurs jusqLa mise en scène du mal, du Satan maquignon du Soleil… à Monsieur Ouine, est un enjeu majeur de l’écriture et de l’univers romanesque bernanosien. Le mal est pour lui une puissance active et dissolvante, toxique et suicidaire, un péril permanent pour la nature spirituelle de l’homme.

Adaptation théâtrale
La France contre les robots
Et autres textes de Georges Bernanos
Conception Hiam Abbass et Jean-Baptiste Sastre
Texte du spectacle disponible en juin 2018 aux éditions du Castor Astral
THÉÂTRE DES HALLES
rue du Roi René – 84000 Avignon
du 6 au 29 juillet 2018
relâches les 9, 16, 23 juillet

INTERVENANTS
Sarah Lacoste
auteure d’une thèse sur Bernanos, « Bataille et la figure du mal »

Écouter l’émission en podcast sur France Culture

CINÉMA

Sous le soleil de Satan

Maurice Pialat fit scandale au Festival de Cannes avec le long-métrage (1987) diffusé sur Arte, mais obtint la palme d’or avec cette vision personnelle de la terrible histoire de l’abbé Donissan, écartelé entre le bien et le mal.

L’idée d’adapter le roman de Bernanos, écrit soixante ans plus tôt, lui trottait dans la tête depuis longtemps. Déjà, en 1983, Pialat confiait: «On a l’impression que ça a été écrit pour Depardieu. Il pourrait être étonnant là-dedans. Quant à Sandrine Bonnaire, bien qu’elle n’ait pas ce côté “chat maigre”, elle ferait sûrement une Mouchette intéressante».
Le projet aboutit cinq ans plus tard, et le tournage de Sous le soleil de Satan , comme souvent chez l’intraitable Pialat, est un enfer. Durant quatorze semaines dans le Boulonnais, il pousse ses acteurs jusqu’à l’épuisement. Et après «une naissance dans la souffrance», selon les propres termes du cinéaste, le film connaît un accueil plus que mitigé au Festival de Cannes.

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FESTIVAL D’AVIGNON
(DU 6 AU 29 JUILLET)

La France contre les robots

Un portrait sans concession du monde moderne

Installé au Brésil de 1938 à 1945, Georges Bernanos observe la naissance d’un nouveau monde. C’est une violente critique du libéralisme avant la lettre. Il oppose l’exercice de la liberté à la société industrielle car il constate la disparition de la vie intérieure et la perte de spiritualité de l’Homme. Pour lui, on peut accéder à la société de consommation seulement au prix du renoncement à la création et en acceptant de devenir un simple pion sur l’échiquier économique.
Jean-Baptiste Sastre et Hiam Abbass rendent compte de la nécessité de penser librement pour porter un regard sur le monde et conserver une vision humaniste.
De Georges Bernanos
Adaptation Jean-Baptiste Sastre et Gilles Bernanos
Conception et mise en scène Hiam Abbass et Jean-Baptiste Sastre
Création lumière Dominique Borrini, régie lumière Shadé Mano
Avec Jean-Baptiste Sastre et la voix de Gilles Bernanos
Texte publié aux éditions Gallimard et Castor Astral
Châteauvallon et le Liberté, Scène nationale de Toulon

Découvrir

Spectacle (6 OCTOBRE 2018)

A nous deux maintenant

Familier des traditions villageoises et fasciné par la figure du prêtre, Jonathan Capdevielle met en scène l’ambivalence et le travestissement sous-entendus dans Un crime de Georges Bernanos.

Frappé par l’humour noir et l’étrangeté fantastique du roman policier Un crime (1935), Jonathan Capdevielle a choisi de l’adapter librement en y insufflant quelques éléments personnels de son Sud-Ouest natal. Car si les questions de la différence, de l’identité, de l’enfance et de la construction de soi ont toujours traversé ses créations, il semble bien naturel que l’acteur et metteur en scène ait trouvé en Georges Bernanos un souffle inspirant.
Nous voilà donc au cœur des Alpes, avec un double crime qu’un juge d’instruction – qui est aussi la figure de l’auteur – doit élucider. Tous les indices convergent vers l’énigmatique curé de Mégère. Si le roman de Bernanos démarre avec une intrigue policière au réalisme classique, il s’en éloigne peu à peu au profit d’une fresque villageoise où les fantasmes des uns se mêlent à l’effroi des autres et laisse place au surnaturel. Personnalités ambivalentes, cauchemars, troubles et mensonges, tout concourt à la perte de repères et à la confusion des sentiments. Et prouve, s’il fallait encore le prouver, que l’habit ne fait – vraiment – pas le moine.
Conseiller artistique et assistant à la mise en scène Jonathan Drillet
Conception et réalisation de la scénographie Nadia Lauro
Construction de la scénographie Marie Maresca, Michel Arnould, Gabriel Baca, Théodore Bailly et Mickaël Leblond des Ateliers de Nanterre-Amandiers
Création lumières Patrick Riou assisté de David Goualou
Création sonore et musicale Vanessa Court, Arthur B. Gillette, Jennifer Hutt et Manuel Poletti
Composition musicale Arthur B. Gillette
Régie son Vanessa Court
Collaboration informatique musicale IRCAM Manuel Poletti
Synthétiseur modulaire Ray imaginé et construit par Benoit Guivarc’h avec les circuits de Ray Wilson
Costumes Colombe Lauriot Prévost
Régie générale Jérôme Masson
Regard extérieur Virginie Hammel
Production, diffusion et administration Isabelle Morel et Manon Crochemore (Fabrik Cassiopée)

Réservation

EDITION (20/06/2018)

Sortie du livre Georges Bernanos de Thomas Renaud

Collection Qui suis-je ? Aux éditions Pardès – 128 pages

Bernanos ? Un romancier hors norme, un pamphlétaire dans un monde aseptisé, un croyant surtout. Tant sa vie que son œuvre trouvent, en effet, leur point d’équilibre et leur explication dans cette foi catholique reçue dans son enfance et qui lui resta chevillée au corps à travers toute une existence remplie de souffrances, de combats et… d’amour. Henri Massis, qui fut son ami, mais avec lequel il se brouilla, avait bien saisi justement que l’amour expliquait jusqu’aux violences de l’écrivain : « Ses colères et ses haines n’étaient encore que ses amours retournées. »
On trouve cette phrase dans le petit livre que vient de lui consacrer Thomas Renaud dans la collection « Qui suis-je ? » des éditions Pardès. Vouloir répondre à une telle question, à propos de Bernanos, revenait à se lancer assurément dans une entreprise difficile, complexe, remplie de pièges et de chausse-trappes.
À la manière de Dieu, et pour paraphraser saint Augustin, Bernanos a, en effet, écrit sa vie de manière droite avec des lignes courbes. La foi enracinée et totale, l’amour de la France, amour charnel et paysan, le sens de l’honneur et le goût du combat, la perception a-moderne de la grandeur de la souffrance et de son côté rédempteur, font de cet homme et de cet écrivain un être difficile à suivre, difficile à saisir, si l’on ne laisse pas tomber ses propres idées, voire ses propres œillères.

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LIVRES

Lire ou relire… Michel Bernanos

Le fils de Georges Bernanos, suicidé à 41 ans en 1964, a laissé derrière lui quelques textes brûlants. Aujourd’hui republié par les éditions de L’Arbre Vengeur, le plus connu d’entre eux s’intitule “La Montagne morte de la vie”.

Michel Bernanos était le quatrième fils de Georges Bernanos. S’il naquit en 1923 à Fressin (Pas-de-Calais), il vécut à partir de 1938 l’exil de la famille au Brésil, où l’écrivain avait choisi de fuir loin de la lâcheté des politiques francais face à la guerre qui menacait. Là, Bernanos père s’essaiera à devenir fermier sur le domaine de La croix des âmes, tout en écrivant force appels à la résistance. Michel, lui, rejoindra en 1942 les Forces francaises libres, après avoir essuyé un premier refus car trop jeune.
Puis, il reviendra au Brésil pour se lancer dans la culture d’hévéas. Poète et romancier, Michel Bernanos il prendra aussi comme noms de plume deux pseudonymes, Michel Tabert et Michel Drowin, comme pour mieux se démarquer de l’héritage paternel. Le Brésil lui inspirera son chef d’œuvre, le cycle de La Montagne morte de la vie, qu’ouvre le roman éponyme. Michel Bernanos se suicidera en 1964, à 41 ans, dans la forêt de Fontainebleau. L’essentiel de son œuvre, quelques romans et des nouvelles, paraîtra à titre posthume.
La Montagne morte de la vie, qui fut publié pour la première fois par Jean-Jacques Pauvert en 1967, est un de ces textes que les amateurs de fantastique se passent presque sous le manteau, comme un trésor précieux qu’il ne faudrait pas abimer. Œuvre culte s’il en fut, c’est à dire à la fois vénérée par quelques fervents et méconnue du grand public, ce court poème en prose est un récit étrange et fantasmagorique qui évoque à la fois Edgar Poe, Lovecraft et Arthur Machen.
Tout commence avec l’embarquement d’un jeune homme de 18 ans sur un bateau. Quand le navire fait naufrage, après une traversée pendant laquelle il a été martyrisé par ses camarades, le garçon se retrouve sur une île mystérieuse avec le cuisinier du bord, Toine, le seul à l’avoir traité avec bienveillance. Il leur faut traverser l’île pour espérer survivre. Pour ce faire, ils doivent escalader une montagne, dans un monde où les visages humains ne sont plus que gravés sur des statues. Mais qu’est cette montagne, devant laquelle les arbres se couchent ? Est-elle inanimée ou vivante ? Epreuves, rencontre avec eux-mêmes, désespoir, déceptions, quête de certitudes attendent nos deux héros…

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